Santé/Environnement en Afrique :Le Pr. Brama Koné suggère à l’Afrique de s’approprier l’approche « One Health »

« One Health : enjeux, défis et perspectives dans un contexte de changement climatique en Afrique », tel était le thème, objet du webinaire du 14 février dernier, organisé par le Réseau des médias africains pour la santé et l’environnement (REMAPSEN). Un thème largement traité par le Pr. Brama Koné, Responsable du Portefeuille Changement Climatique et Santé au Bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique.

Définissant le concept « One Health » qui signifie « Une seule santé » et ses implications, le Pr. Brama Koné dira qu’il s’agit-là d’une « approche caractérisée par deux choses, à savoir la transdisciplinarité qui implique la mise en commun de plusieurs disciplines scientifiques (médecine, la sociologie, l’entomologie…) et multisectorielle qui intègre plusieurs secteurs (ministères sectoriels tels que celui de la santé, de l’environnement, des finances, et autres pour faire face aux maladies zoonotiques qui sont transmises des animaux aux humains et vice versa ». en somme, des maladies qui sont en l’interface de l’homme, de l’animal et de l’environnement », a-t-il souligné.

Parlant des implications, le conférencier a mis l’accent sur la nécessité que l’ensemble des secteurs évoqués plus haut puissent « travailler ensemble et réfléchir de façon systémique quand il est question d’aborder une maladie sous l’angle de la santé unique ».

Ainsi, pour le Pr. Brama Koné, Responsable du Portefeuille Changement Climatique et Santé au Bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique, « les pays africains doivent s’organiser de plus en plus pour que les problèmes de santé que nous observons et qui sont complexes dans la lutte qu’il faille mener soient véritablement pris en charge et contrôlés ». C’est dire qu’à travers cette approche de « One Health », les gouvernements ne doivent pas aborder les questions de santé sous un seul angle. Il faut donc l’implication de tous les secteurs.

« One Health », dira le Pr. Brama Koné  « peut aider les pays à relever les défis de santé en mobilisant toutes les parties prenantes pour une prise en charge durable des patients de maladies zoonotiques », soulignant l’exemple de la gestion de la Covid-19 qui a nécessité « l’apport des médecins, des sociologues du financement et de la logistique pour circonscrire la pandémie et pouvoir faire face à sa propagation ».

Etant donner que l’Afrique est le continent qui fait face le plus aux problèmes de santé publique à cause de la pauvreté et le manque de formation du personnel soignant et bien d’autres facteurs, « adopter le One Health permettrait de prendre mieux en charge les maladies de type zoonotique », a indiqué le Pr. Brama Koné  pour  qui, « la nécessité d’accentuer la surveillance de ce type de maladies s’impose véritablement à nos Etats ». L’occasion pour lui d’inviter l’Afrique à jouer un rôle leader dans l’approche One Health », au regard de son efficacité dans la prise en charge des maladies zoonotiques.

Par rapport aux perspectives, le Responsable du Portefeuille Changement Climatique et Santé au Bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique, le Pr. Brama Koné a insisté sur « l’importance que soient actualisés les systèmes de surveillance surtout quand on sait que nos pays peinent à mettre en place des systèmes d’alerte dans le sens de renforcer la surveillance à travers le renforcement des systèmes de collecte d’informations sanitaires et environnementales », sans oublier aussi la question des financements des secteurs de la santé et de l’environnement, entre autres. « Une convention que les pays africains doivent s’approprier », a suggéré le Pr. Brama Koné.

Pout lui, il est aussi important que la convention mise en place par l’OMS, la FAO, le PNUD et l’Organisation mondiale pour la santé animale pour assurer la sécurité alimentaire et sanitaire soit représentée au niveau basique dans les pays africains dans le but de relayer les messages.

Sahirou Youssoufou

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