Célébration de la journée internationale des droits de la femme : La participation des femmes dans le domaine scientifique, une nécessité en Afrique

La tenue d’une telle rencontre trouve son sens en Afrique où la participation des femmes dans le domaine scientifique est aujourd’hui une préoccupation importante. Selon une note conceptuelle publiée à cet effet, « en Afrique subsaharienne, les femmes ne représentent qu’environ un tiers de la main d’œuvre dans la recherche, avec de fortes disparités entre les États membres. Alors que des pays comme l’Afrique du Sud comptent près de 40 à 45 % de femmes parmi les chercheurs, cette proportion chute à 16,5 % en Côte d’Ivoire et à 29,3 % du personnel académique au Sénégal, où les femmes restent nettement sous-représentées dans les structures de gouvernance de la recherche. L’objectif de ce webinaire est de sensibiliser les responsables politiques de l’Union, ainsi que les décideurs nationaux et les bailleurs de fonds à renforcer la participation des femmes dans la recherche. Il s’agit aussi de faire « un plaidoyer pour une meilleure représentation des femmes dans les postes de direction et de décision ». Mieux, le webinaire vise « à aller au-delà des simples discussions et à contribuer à des progrès mesurables dans la promotion du leadership féminin dans la R&D en matière de santé dans toute la région ».Tout cela au regard de l’importance de la participation des femmes dans le domaine scientifique. En effet selon une analyse sur le sujet, « les cadres continentaux africains considèrent l’inclusion des femmes dans la science et l’innovation comme un levier stratégique, et non comme une question secondaire. L’Agenda 2063 et la STISA-2024, qui reconnaissent la science, la technologie et l’innovation (STI) comme centrales pour la transformation socio-économique de l’Afrique, soulignent explicitement la participation des femmes dans la science et la technologie comme un principe clé de cette vision ». Tout au long de la rencontre, les panélistes ont en effet souligné et déploré l’absence des femmes dans le domaine scientifique en Afrique où les femmes représentent pourtant25% de la population. « Autrement dit, lorsque les femmes sont absentes des comités de financement de la R&D en santé et des instances de prise de décision, les pays africains ne perdent pas seulement un potentiel d’innovation et de croissance : ils se retrouvent également avec les systèmes de santé et des agendas de recherche moins alignés avec les besoins de la moitié de la population, ce qui compromet l’efficacité et l’équité des innovations en santé », indique la même source.Certains intervenants ont expliqué la sous-représentation par le fait que les femmes n’ont pas confiance en elles. Une situation déplorable à laquelle s’ajoutent des raisons économiques ainsi qu’un manque de financement pour les études et la réalisation des projets. A tout cela s’ajoute selon eux, l’existence de stéréotypes sur le genre.Après avoir souligné les causes et les conséquences de la participation importante des femmes dans le domaine scientifique, les panélistes ont fait également des propositions pour améliorer la participation des femmes dans le domaine scientifique. Ils ont en effet proposé d’encourager les femmes à opter aussi pour le domaine scientifique. Cela d’autant plus que selon la responsable du bio traitement des vaccins à l’institut pasteur de Dakar, Dr Angélique Sene, ‘l’avenir de la recherche scientifique africaine dépend de l’intérêt que les femmes lui accordent’’.Partant du fait que les femmes scientifiques africaines ne sont pas seulement les bénéficiaires des changements politiques, les panélistes ont encouragé les femmes à participer au domaine scientifique. Ils estiment en effet que les femmes sont également « des moteurs essentiels de solutions, en particulier pour répondre à des défis interdépendants tels que le changement climatique, les inégalités en matière de santé et la résilience des systèmes. Renforcer leur leadership dans la recherche et le développement n’est donc pas seulement une question d’équité, mais une nécessité stratégique pour le programme de santé et de développement de l’Afrique », indique la même source.

Fatouma Idé

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