Les cancers de l’enfant en Afrique:Le diagnostic et la prise en charge à temps demeurent des facteurs importants
Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement a organisé, mercredi dernier, un webinaire sur les cancers de l’enfant en Afrique. Animé par Dr Dillé Issimouha, chargée de la lutte contre le cancer au bureau régional de l’OMS à Brazzaville et Pr Atteby Jean Jacques Yao, chef du service d’oncologie pédiatrique à l’hôpital Mère et Enfant de Bingerville, ce webinaire a regroupé beaucoup de journalistes africains.
A raison, car le sujet est d’une importance capitale même si les cancers de l’enfant sont très peu évoqués. Selon les spécialistes, 1 enfant sur 500 développera un cancer au cours de sa vie avec 400 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année dans les pays à faibles revenus. L’Afrique subsaharienne enregistre 90 % des cas. Parmi les cancers les plus fréquents au niveau des enfants en Afrique, Pr Atteby Jean Jacques Yao, chef du service d’oncologie pédiatrique à l’hôpital Mère et Enfant de Bingerville (Côte d’Ivoire) a relevé les cancers des ganglions et du sang, la rétinoblastome et le cancer des reins.
Face à cette situation qui mérite des égards particulièrement en Afrique, Dr Dillé Issimouha Chargée de la lutte contre le cancer au bureau régional de l’OMS à Brazzaville a indiqué que sa structure a élaboré en 2018, une initiative mondiale des cancers de l’enfant qui a été présentée aux pays de la région. Selon elle, des pays se sont engagés à agir pour cela. Mais reconnait-elle, dans nos pays tout est priorité. « Aujourd’hui, on peut dire que tous les pays sont membres de cette initiative et font des efforts ».
Relativement à la prise en charge, Dr Dillé précise qu’ il y a une première vague de pays que l’OMS a soutenu techniquement et financièrement pour mettre en place des mesures qui vont permettre d’améliorer de manière durable la prise en charge des cancers de l’enfant. Il s’agit du Ghana, de la Zambie et du Sénégal. Puis il y a eu une deuxième vague avec le Zimbabwe, le Cameroun, le Benin, l’Ethiopie, le Nigéria…Beaucoup de pays sont en train de demander à faire partir de cette initiative. « Il faut reconnaitre que lorsque des interventions sont faites pour améliorer la prise en charge des cancers de l’enfant, cela va permettre d’améliorer en règle générale le système de santé » affirme Dr Dillé

Dr Issimouha Dillé
Elle s’est ensuite appesantie su l’objectif de cette initiative qui est d’atteindre 60% du suivi de tous les enfants atteints du cancer. « C’est-à-dire dans les cinq ans suivant le diagnostic, ces enfants-là pourront être vivant. Donc, ils ont été traité, déclarés en rémission ». Actuellement dans la région africaine, on note 20% de suivi. Nous voulons atteindre 60% qui va permettre de sauver un million d’enfants affirme Dr Dillé qui précise que pour cela, « il faut avoir des objectifs précis et c’est pour ça qu’un paquet technique qu’on appelle ‘’guérir tout le monde, soigner tout le monde’’ a été mis en place . Selon Dr Dillé, c’est une approche qui va permettre aux pays demandeurs de mettre en œuvre le paquet technique que nous avons mis en place. Ce qui va leur permettre d’avoir un certain nombre d’outils, de faire une évaluation de la situation, faire un plan d’actions.
« Pour ce qui est des défis en Afrique, nous voulons augmenter les capacités des pays à travers cette initiative à prendre en charge localement les cas de cancer mais comme je l’ai dit dans les pays tout est prioritaire ». C’est pourquoi, Dr Dillé pense qu’il faudrait que les experts et les journalistes attirent un peu plus l’attention des décideurs sur cette problématique.

Pr Atteby Jean Jacques Yao
Le Pr Atteby Jean Jacques Yao, chef du service d’oncologie pédiatrique à l’hôpital Mère et Enfant de Bingerville estime qu’Il n’y a pas assez de spécialistes. « Si les cancers de l’enfant sont mal conduits, c’est parce qu’on en parle pas assez » affirme-t-il avant de préciser que l’ignorance est double : dans la communauté, les parents ne savent pas et au niveau des agents de santé, il y a aussi beaucoup d’ignorance. C’est pour cela selon Pr Atteby que des programmes sont mis en œuvre dans nos Etats pour faire des formations aux médecins de proximité pour qu’ils puissent être initié aux diagnostics de ces cancers. Il ajoute qu’aujourd’hui, dans la plupart des pays, les initiatives pris dans le cas du diagnostic du traitement des cancers des enfants sont des initiatives privées des ONGs nationales et internationales. « On a tout un réseau francophone qui prend en compte la plupart des pays francophones et Madagascar. Donc c’est grâce à l’action de ces réseaux soutenus par des partenaires comme l’OMS et autres qui permettent de faire sortir les cancers des enfants dans l’ombre » affirme le Pr Atteby. Il reconnait les avancées notoires dans le domaine avec l’instauration d’une une journée de lutte contre le cancer des enfants tous les 15 février.
S’agissant du traitement, le Pr Atteby affirme que les cancers de l’enfant ne se traitent pas de façon différentes de ceux de l’adulte. Ce sont des traitements qui reposent sur la chimiothérapie, la chirurgie, la radio thérapie.
Dr Dillé de l’OMS précise pour sa part que le traitement n’est pas aussi cher parce qu’il y a des médicaments génériques qui peuvent être disponibles. Le diagnostic et la prise en charge à temps demeurent des facteurs importants.
Fatouma
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