Mutilations génitales féminines :Une pratique traditionnelle aux effets très néfastes
Entendre par mutilations génitales féminines, toute forme de pratiques traditionnelles consistant à effectuer l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme. D’après les statistiques de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population), c’est plus de 4 millions de filles qui sont exposées chaque année, au risque de subir des mutilations génitales féminines (MGF).
Pratique traditionnelle très ancienne, les mutilations génitales féminines communément appelées l’excision, sont encore pratiquées sur les jeunes filles dans plusieurs régions en Afrique. Au Niger, alors que la prévalence de l’excision avoisine 0,7% en 2021 selon l’enquête démographique et de santé au Niger (EDSN), des disparités subsistent encore dans certaines régions du pays. Selon Madame Djataou Ouassa, Secrétaire Exécutive adjointe du CONIPRAT (Comité Nigérien sur les Pratiques Traditionnelles ayant un effet sur la santé des Femmes et des Enfants), il existe encore dans des localités de la région de Tillabéri et Tahoua où les gens continuent à faire l’excision à outrance.
Les motivations sont très variées, rétorque Monsieur Amadou Moumouni Soumaila, Chargé de Programmes au CONIPRAT. ‹‹ Il y a des croyances qui disent que le dard pouvait tuer l’homme ou un nouveau-né qui touche le clitoris meurt ››, a-t-il expliqué. Ces croyances assimilées à des préjugés, racontent qu’à la naissance, le bébé est bisexuel, d’où la raison de l’excision tout comme la circoncision qui est pratiquée uniquement sur l’homme.
L’esthétique de la fille, comme alibi pour qu’elle ait la voix fine et de beaux yeux, ou encore des rites d’initiation de la jeune fille et le contrôle de la sexualité de celle-ci sont également avancés par les parents aussi bien que les exciseuses.
D’après la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), on distingue 4 types de MGF. La première c’est l’excision circulaire du prépuce clitoridien avec ou sans l’excision partielle ou totale du clitoris, ensuite l’excision du prépuce mais également l’excision partielle ou totale du clitoris, des petites lèvres. La troisième c’est l’ablation du clitoris, des petites lèvres et au moins les 2/3 des grandes lèvres ensuite deux parties sont cousues pour ne laisser qu’une petite ouverture permettant l’écoulement de l’urine ou des menstrues et enfin pour la quatrième excision, il s’agit de l’étirement du clitoris et ou des lèvres, la cautérisation par brûlure du clitoris et des tissus avoisinants, la perforation du clitoris et l’introduction de plantes dans le vagin (Dangouria ou Habizé pratiquée au Niger et au Nigéria.
Des séquelles toute une vie
Selon, Amadou Moumouni Soumaila, Chargé de Programmes à l’ONG CONIPRAT, les conséquences des mutilations génitales féminines sont énormes et peuvent même affecter sérieusement le fonctionnement de l’appareil génital de la femme. L’on peut citer la dyspareunie (rapports sexuels douloureux), la formation de chéloïdes (petites boules suite à une mauvaise cicatrisation), la stérilité par infection génitale chronique, la frigidité, le travail prolongé et expulsion difficile lors de l’accouchement, entraînant souvent une fistule vésico-vaginale ou recto-vaginale. Les MGF peuvent également être à l’origine de déséquilibre psychique qui fait que la femme s’irrite souvent et très anxieuse à cause des problèmes sexuels qu’elle subit. Il y a aussi de la survenance de l’hémorragie lors de l’ablation du clitoris, mais aussi le risque de contamination au VIH/Sida par les instruments souillés.
Il est évident, une pratique qui ne peut que causer de la souffrance à la femme doit être proscrite, quelles que soient les raisons qui sous-tendent.
Et Dr Rasha Kelej, Directrice Exécutive de la Fondation Merck d’alerter qu’ il est grand temps d’agir et lever la voix pour mettre fin à une pratique traditionnelle qui bafoue la dignité de la femme et de la jeune fille, leur causant rien que de la souffrance et plusieurs infections, voire la mort.
En clair, les MGF n’apportent rien de bénéfique à la femme contrairement à ce que les gens font croire, mais plutôt des douleurs physiques et psychologiques qu’elles doivent traîner toute la vie. C’est pour cette raison que les MGF sont reconnues par les Nations Unies comme étant une violation des droits de la femme et de la jeune fille. D’où l’urgence d’y mettre fin pour le bien-être et l’épanouissement de celles-ci.
Koami Agbetiafa
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