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Célébration de la Journée internationale de la Sage-femme, édition 2025: « Si le monde tourne le dos aux sages-femmes, il tourne le dos aux femmes » affirme Dr. Sennen Hounton, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

Célébration de la Journée internationale de la Sage-femme, édition 2025: « Si le monde tourne le dos aux sages-femmes, il tourne le dos aux femmes » affirme Dr. Sennen Hounton, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

Les sages-femmes : indispensables en toutes circonstances », tel est le thème retenu cette année pour célébrer la journée internationale de la sage-femme. Pour le Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Sennen Hountou, ce thème « résonne particulièrement en Afrique de l’Ouest et du Centre, où les urgences humanitaires, les conflits, les déplacements liés au climat et la faiblesse chronique des systèmes de santé affectent gravement les femmes et les filles ». C’était lors d’un webinaire organisé lundi dernier par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN).Au cours de cette rencontre virtuelle à laquelle ont pris le ministre de la santé du Burkina Faso et des spécialistes du Tchad et du Mali, Dr Sennen Hountou a été clair : « les chiffres sont alarmants ». Selon lui, « plus de 500 femmes meurent chaque jour dans des contextes fragiles à cause de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Dans notre région, une femme meurt toutes les quatre minutes. Un nouveau-né décède toutes les 17 secondes. Une fille sur trois devient mère alors qu’elle est encore une enfant ». Et pourtant a-t-il ajouté, « un investissement accru dans les sages-femmes permettrait d’éviter près des deux tiers de ces décès. Car les sages-femmes ne se contentent pas de mettre des enfants au monde ; elles sauvent des vies, dans des conditions souvent extrêmement difficiles ».C’est incontestablement en raison de ce rôle important de la sage-femme que l’UNFPA a fait de sa profession une priorité stratégique dans sa Feuille de route régionale 2025–2029 pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle comme l’a affirmé le directeur régional Afrique de l’Ouest et du centre. Et Dr Sennen a confirmé cela en ces termes : « nous appuyons les gouvernements dans le renforcement de la formation, des cadres réglementaires et des modèles de soins dirigés par des sages-femmes. Des dispositifs d’urgence ont été activés dans 13 pays pour permettre une réponse rapide en situation de crise ».Mais a-t-il ajouté, ces avancées sont menacées. « En 2025, des réductions majeures de financement – notamment la fin du soutien de l’USAID et la baisse générale de l’aide publique au développement – ont entraîné la fermeture de services essentiels. En République centrafricaine, les salaires des sages-femmes ont été suspendus brutalement, mettant en péril les soins de milliers de femmes déplacées. Au Tchad, des centaines de postes de sages-femmes et de travailleurs psychosociaux sont aujourd’hui menacés. L’UNFPA redéploie les fonds disponibles, mais la situation n’est pas tenable à long terme ».Pour Dr Sennen Hountou, il n’y a pas de doute, «si le monde tourne le dos aux sages-femmes, il tourne le dos aux femmes » avant d’insister sur le fait que « pourtant, nous savons ce qui fonctionne. Nous savons qui sauve des vies ».Le directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre soutient que nous devons aller au-delà du dialogue pour réaffirmer ensemble notre engagement à : combler le déficit de sages-femmes ; prioriser leur déploiement dans les zones les plus vulnérables ; protéger les sages-femmes en contexte de crise ; et garantir un financement adéquat et pérenne.Dr Sennen Hountou a conclu son intervention au cours du webinaire en partageant les paroles fortes du Pr Mahmoud Fathalla, figure de proue de la santé maternelle mondiale, qui a un jour déclaré : « Les femmes ne meurent pas de maladies que nous ne savons pas traiter. Elles meurent parce que nos sociétés n’ont pas encore pris la décision que leur vie mérite d’être sauvée. »C’est pourquoi en cette Journée internationale de la sage-femme, le directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre de UNFPA lance un appel fort : « soyons la génération qui prend et honore cette décision fondamentale : celle de sauver la vie des femmes.

Fatouma Idé

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