Dégradation de l’environnement au Niger : L’exploitation incontrôlée du bois-énergie citée parmi les principales causes

La dégradation de l’environnement est une réalité au Niger. Les spécialistes du domaine pointent du doigt les changements climatiques et d’autres facteurs liés aux activités humaines notamment l’exploitation du bois énergie.Le 3 Août dernier dans son discours à l’occasion de la journée nationale de l’arbre, édition 2026, le ministre de l’environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Colonel Maizama Abdoulaye a affirmé que « l’exploitation incontrôlée du bois-énergie constitue, après les défrichements agricoles, l’un des principaux facteurs de déforestation dans notre pays ».Selon le ministre, « les données disponibles sont particulièrement préoccupantes : alors que l’offre durable en bois des formations forestières du Niger était évaluée, en 2013, à environ 2 millions de tonnes par an, les besoins annuels atteignaient 4,9 millions de tonnes, faisant apparaître un déficit de 2,9 millions de tonnes ».Heureusement que des actions importantes sont entreprises. Ce qui a permis d’enregistrer des résultats encourageants. Ainsi, « depuis 2024, notre pays a enregistré des avancées significatives dans le domaine du reboisement, de la restauration et de la sécurisation de ses ressources forestières », a indiqué Colonel Maizama Abdoulaye. C’est dans cette perspective a-t-il ajouté qu’a été instituée, par décret N°2024-468/P/CNSP/MHA/E du 31 juillet 2024, la Journée Nationale de l’Arbre, célébrée désormais chaque année le 3 août.Le ministre s’est largement appesanti sur cette journée qui selon lui, « constitue un moment privilégié de mobilisation nationale autour de la préservation de notre environnement et de notre biodiversité. Elle vise notamment à promouvoir des comportements favorables à la protection de nos ressources naturelles, à renforcer la lutte contre la désertification et les effets néfastes des changements et variabilités climatiques, mais également à encourager la plantation et l’entretien des arbres, la pratique de la régénération naturelle assistée ainsi que l’information et la sensibilisation de nos populations.Ces actions ont donné des fruits. Comme l’a annoncé le Colonel Maizama Abdoulaye, « après la Forêt Classée de Guesselbodi, dans la région de Tillabéri, où nous avons créé en 2024 le « Bois du 26 Juillet », puis la Forêt Classée de Berbékya, dans la région de Zinder, où a été installé en 2025 le « Bois du Héros de Résistance Amadou Dan Bassa », il y a la Forêt Classée de Kouroungoussaou qui couvre une superficie de 2 300 hectares.Le ministre a ensuite expliqué qu’en faisant le choix des domaines forestiers classés de l’État pour la mise en œuvre du Programme Pluriannuel des Bois des Héros de la Résistance, le Gouvernement, à travers son département ministériel, affirme clairement sa volonté de restaurer ces espaces dans leurs emprises initiales, de préserver leur biodiversité et de leur permettre de générer durablement des services écosystémiques au bénéfice des communautés locales et des populations environnantes.« Nous devons aujourd’hui reconnaître que les défis auxquels nous sommes confrontés sont considérables et qu’ils exigent de notre part une action urgente, constante et collective, a-t-il affirmé.Malgré l’abondance de nos ressources énergétiques notamment le pétrole, le gaz, le charbon minéral et un ensoleillement quasi permanent notre bilan énergétique demeure selon Colonel Maizama Abdoulaye, structurellement dominé par la biomasse, à hauteur de 77 %.Cette situation nous interpelle collectivement affirme le ministre en charge de l’environnement. Mieux, « elle nous impose de poursuivre nos efforts en matière de diversification énergétique, de valorisation de nos ressources et de promotion de solutions permettant de réduire progressivement la pression exercée sur nos formations forestières ».La dégradation des terres entraîne des conséquences particulièrement lourdes pour notre économie et pour les conditions de vie de nos populations, a-t-il affirmé.

Indatou Harouna

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