Droits en Santé Sexuelle et Reproductive : La mobilisation du secteur privé, un défi pour le financement de la santé de la reproduction et la planification
La société civile joue un rôle important dans la promotion des DSSR au Niger. C’est ce qu’a expliqué M. Ibrahim Innocent, président de la Coalition des Acteurs pour le Repositionnement de la Planification Familiale, (CAR/PF) lors d’une formation des journalistes membres du Remapsen à Niamey. L’objectif de cette formation est d’outiller les participants sur les notions de santé de la reproduction. C’est pourquoi, plusieurs points ont été développé lors de cette séance animée par le président de la CAR/PF. Des échanges fructueux ont également eu lieu entre les participants.

Au cours de cette séance sur le concept et la notion de DSSR, M. Ibrahim a expliqué quelques grandes lignes dont entre autres, la définition de la santé sexuelle, les droits sexuels, la santé reproductive et les droits reproductifs, ainsi que les documents stratégiques existants en matière de DSSR au Niger et en fin le rôle de la société civile en matière de DSSR. En ce qui concerne la santé sexuelle, M. Ibrahim a indiqué que selon la définition donnée par l’OMS, c’est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence. Quant aux droits sexuels, ils ont été expliqués de la façon suivante : ensembles des droits de toutes les personnes sans discrimination, coercition et violence, pour atteindre la norme la plus élevé possible en matière de santé sexuelle, y compris l’accès aux services de santé sexuelle est génétique mais aussi le droit de recevoir une éducation de santé complète, le respect de l’intégrité corporelle, le choisi de son partenaire sexuelle mais aussi décider s’il faut être actif sexuellement ou non, ainsi que la possibilité de prendre des décisions libres concernant l’orientation sexuelle et l’identité du genre etc. Parlant de la santé de la santé de reproduction, elle a été expliquée selon la loi n02006-16 du 21 juin 2006 sur la santé de la reproduction au Niger, notamment le bien-être général tant physique mental et social de la personne humaine pour tout ce qui est de l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité. Expliquant les droits de la reproduction selon FNUAP, 1995, Lancet Gultmacher Report 2018, il a indiqué qu’ils reposent essentiellement sur la reconnaissance du droit fondamental de tous les couples et des individus de décider librement du nombre de leurs enfants et de l’espacement de leurs naissances et disposer des informations nécessaires pour ce faire. C’est également, a-t-il poursuivi, le droit de tous d’accéder à la meilleure santé en matière de reproduction. Par ailleurs, M. Ibrahim a aussi abordé la question concernant les documents stratégiques qui existent en matière de DSSR au Niger dont quelques-uns ont été cité. Ils sont entre autres, le plan stratégique de la santé de la reproduction de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, de l’adolescent et de la nutrition 2020 2024 visant à améliorer l’accès des adolescents aux services de santé et réduire la mortalité infanto-juvenile ; la loi sur la santé de la reproduction 2006 ; la politique nationale de Genre ; plan de développement sanitaire et social (PDSS 2022-2026) etc. S’agissant du rôle de la société civile en matière de DSSR, le conférencier l’a résumé en quelques objectifs à atteindre ainsi qu’une veille stratégique et suivie des engagements qui doivent être menés par l’OSC membres de la coalition regroupant quelques 40 associations membres. Parmi ces actions à mener figurent la promotion des actions en faveur des DSSR et de la planification familiale, la promotion de la multisectorialité et l’implication de toutes les couches sociales en faveur des DSSR et de la PF, le développement des stratégies de mobilisation des ressources pour un financement durable des activités DSSR et PF, le renforcement de la redevabilité sociale et le suivi des politiques publiques en matière de SP, plaidoyer sur l’ESRAJ, le financement domestique de la PF etc. Dans cette démarche, plusieurs réalisations ont été faites comme l’a indiqué M. Ibrahim dont le plaidoyer réussi pour l’intégration de l’ESRAJ dans les programmes de formation à l’INJS et l’ENS, la prise en compte de la SR/PF dans les budgets des collectivités de sokoira et kourfèye, renforcement de capacité de 630 enseignants à Maradi, Niamey,Agadez, Dosso et Diffa, formation de 60 prestataires de santé etc. Cependant, beaucoup de défis restent à relever selon le président de la CAR/PF dans l’amélioration des questions liées au DSSR ainsi que dans l’atteinte des objectifs d’OSC, membres de la coalition. Parmi ces défis figurent la mobilisation du secteur privé pour le financement de la santé de la reproduction et la planification, le suivi pour la signature et la publication du nouveau code pénal et procédure pénale, la réintégration de l’enseignement de l’ESRAJ dans le programme scolaire au niveau du ministère de l’éducation, le rehaussement du financement de l’Etat à l’achat des produits etc.
Moumouni Amadou Yacouba



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