Urgences sanitaires en contexte d’insécurité : la médecine militaire veut renforcer ses capacités

Face à des situations sécuritaires qui exposent davantage les populations et les forces engagées sur les théâtres d’opérations, la prise en charge des urgences médicales devient un enjeu majeur. C’est dans ce contexte que la capitale nigérienne accueille ces assises consacrées aux stratégies de réponse aux urgences sanitaires en contexte d’insécurité. Les échanges se tiennent du 2 au 4 septembre 2026, à l’occasion des 2es journées médico-chirurgicales de la Direction centrale du service de santé des armées et de l’action sociale (DCSSA/AS), couplées au 2e congrès du Réseau sahélien de médecine militaire (RéSaMéM). C’est le ministre d’Etat, ministre de la défense nationale, le général d’armée Salifou Mody qui a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux en présence du directeur central du service de santé des armées et de l’action sociale, le médecin colonel-major Dodo Boubacar. Placée sous le thème « Quelles stratégies face aux urgences sanitaires dans un contexte d’insécurité ? », la rencontre réunit des participants venus du Niger, mais aussi du Mali, du Burkina Faso, du Bénin, de l’Algérie, de l’Italie, de la Guinée et du Togo.Pendant trois jours, les participants abordent plusieurs problématiques liées à la santé en contexte de crise. La prise en charge des blessés des opérations figure parmi les principales thématiques, aux côtés de la santé mentale et des substances psycho-addictives.Les violences basées sur le genre, la santé militaire et la résilience communautaire au Sahel sont également inscrites au programme. Une place est par ailleurs accordée à l’intelligence artificielle et à ses possibles applications dans le domaine de la santé.Pour les professionnels présents, ces échanges constituent surtout une occasion de partager les expériences et les connaissances afin d’améliorer les réponses médicales face aux situations d’urgence.À l’ouverture des travaux, le ministre d’État, ministre de la Défense nationale, le général d’armée Salifou Mody, a mis en avant les efforts engagés ces dernières années pour renforcer les services de santé des armées.Il a notamment évoqué la modernisation des infrastructures sanitaires militaires, la formation continue des personnels et l’amélioration de la chaîne d’évacuation médicale, depuis les théâtres d’opérations jusqu’aux structures hospitalières équipées.Cette évolution traduit, selon le ministre, la place croissante de la médecine militaire dans un environnement sécuritaire qui a accru les responsabilités des services de santé des forces armées.

Vers une coopération médicale renforcée au Sahel

Pour le médecin colonel-major Dodo Boubacar, directeur central du service de santé des armées et de l’action sociale, plusieurs avancées ont été enregistrées depuis les premières journées médico-chirurgicales, notamment en matière de ressources humaines, d’infrastructures et d’équipements sanitaires.Il estime désormais que les services de santé des armées ne constituent plus de simples structures d’appoint, mais représentent un pilier stratégique de la souveraineté et de la résilience nationale.Le Réseau sahélien de médecine militaire entend justement renforcer cette dynamique à travers les échanges entre services de santé, la recherche, l’innovation médicale, la formation continue et des actions au bénéfice des populations.Au-delà des discours, les participants ont pu découvrir des exercices pratiques consacrés aux stratégies d’intervention médicale d’urgence en contexte d’insécurité. Une manière de confronter les connaissances théoriques aux réalités du terrain.

Moumouni Amadou Yacouba

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