Santé de la reproduction et planification familiale en Afrique de l’Ouest et du centre:Des lois existent, mais les décrets d’application ne suivent pas
L’adoption et l’application des lois sur la SR/PF en Afrique de l’ouest et du centre, où en sommes-nous ? Tel est le thème de la rencontre virtuelle qui a réuni mercredi dernier, des journalistes issus de plusieurs médias d’Afrique et trois éminents panelistes : Dr Chilanga Asmani, conseiller régional chargé de programme et politique de planification familiale au bureau de l’UNFPA à Dakar, Dr Djénébou Diallo, responsable senior du plaidoyer à l’unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou et Pr Tia Mélanie, présidente de l’Ong Women in Global Health, Côte D’Ivoire.
Organisée par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement, REMAPSEN, ce webinaire a porté sur un thème d’une importance capitale en Afrique de l’ouest et du centre. Il s’agit de l’adoption et l’application des lois sur la SR/PF. Des lois qui existent dans plusieurs pays, mais dont l’adoption et l’application attendent toujours. Mieux, dans certains pays, la loi sur la SR est méconnue même des agents de santé. Reconnaissant cette situation, Dr Chilanga Asmani, conseiller régional chargé de programme et politique de planification familiale au bureau de l’UNFPA à Dakar a confirmé que « la plupart des pays d’Afrique de l’ouest et du centre adhérent à cet arsenal juridique des lois. S’agissant du protocole de Maputo, 44 pays ont souscrit selon Dr Chilanga qui pense que cela veut dire qu’avec ce protocole de Maputo, il fallait s’assurer qu’il existe les lois, les politiques et les règles au niveau des pays qui peuvent assurer la mise en œuvre ». Il a donné l’exemple des pays du Partenariat de Ouagadougou qui en termes d’existence de lois en matière de santé sexuelle et reproductive, 8 sur les 9 pays ont ces lois. Mais précise, Dr Chilanga, c’est aussi important d’avoir des décrets d’application.
Au cours de cette rencontre, Dr Chilanga a aussi expliqué que son institution, l’UNFPA couvre 23 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Pour lui, il y a beaucoup d’avantages à assurer la santé sexuelle et reproductive. Définissant la santé selon les termes de l’OMS, il a indiqué que « la santé est l’état de complément physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladies ou d’infirmités. Quant à la santé sexuelle et reproductive, elle peut être définie selon toujours Dr Chilanga comme un état de bien-être physique, mental, émotionnel, social liés à tous les aspects de la reproduction et ne consiste pas seulement à une absence de maladies, de disfonctionnement et d’infirmités. Pour lui, la santé sexuelle et reproductive est essentielle et comprend plusieurs composantes dont l’éducation complète à la sexualité, les services d’une grande gamme de contraception, les soins post et prénatals, les soins d’urgence, les services informations liés au VIH, aux cancers, les services informations liés à l’infertilité et à la sous fertilité ainsi que la formation et les conseils pour le bien-être. Au niveau du planning familial aussi, il s’agit selon le conseiller régional chargé de programme et politique de planification familiale au bureau de l’UNFPA à Dakar, d’assurer une gamme complète de services d’informations et de méthodes de planning familial y compris pour les services liés à certains groupes vulnérables.
Abondant dans le même sens, Dr Djénébou Diallo de l’UCPO confirme que sur les 9 pays du Partenariat de Ouagadougou, 8 ont des lois sur la SRPF. « Mais les décrets d’application ne suivent pas », précise-t-elle avant de s’appesantir sur la planification familiale qui selon elle est un facteur essentiel du développement durable en ce sens qu’elle favorise l’accès aux différents services pour les femmes.
Pr Tia Mélanie présidente de l’Ong Women in Global Health a expliqué les efforts consentis par son organisation depuis sa création en 2021 relativement à l’adoption des lois sur la SRPF. Mais a-t-elle insisté, il y a des obstacles qui entravent encore l’adoption de cette loi. Elle a cité notamment les débats autour de l’avortement sécurisé et l’âge minimum pour bénéficier de la planification familiale. Pourtant selon Pr Mélanie, il y a urgence à agir dans ce domaine avec un taux de mortalité maternel de 347 pour mille, 21% des femmes ayant accès à la planification familiale et 33% des filles mariées avant l’âge légale.
Cette rencontre a permis aux journalistes s’informer sur la situation de la SRPF dans plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest et du centre et les obstacles qui entravent encore l’adoption et l’application des lois SRPF.
Fatouma
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