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Discrimination et stigmatisation en Afrique de l’Ouest et du Centre: Des progrès lents qui méritent d’être soutenus

Discrimination et stigmatisation en Afrique de l’Ouest et du Centre: Des progrès lents qui méritent d’être soutenus


Forte de 748 Millions d’habitants soit 9% de la population mondiale, l’Afrique de l’ouest et du centre qui compte 13% de tous les PVVIH (5.18 millions) selon l’ONUSIDA, a encore des efforts à fournir en matière de lutte contre le VIH SIDA. Certes des progrès considérables ont été enregistrés notamment dans l’extension de la thérapie antirétrovirale avec plus de 30 millions de personnes vivant avec le VIH et qui bénéficient aujourd’hui d’un traitement salvateur. Mais, selon le nouveau rapport de l’ONUSIDA, les progrès en matière de discrimination sont lents et doivent être soutenus. En effet, selon la même source, les discriminations liées au VIH restent monnaie courante. « Les enquêtes montrent qu’entre 33 % (Gabon) et 79 % (Mauritanie) des personnes ont des attitudes discriminatoires à l’égard des personnes vivant avec le VIH.
Des PVVIH n’ont pas non plus caché leur amertume. D’après le nouveau rapport de l’ONUSIDA, 13 % des personnes vivant avec le VIH ont déclaré avoir été victimes de stigmatisation et de discrimination lorsqu’elles ont cherché à obtenir des soins liés au VIH. « 25 % ont fait état d’expériences similaires lorsqu’elles cherchaient à obtenir des soins de santé non liés au VIH.
Seuls trois pays ont selon le nouveau rapport de l’ONUSIDA atteint ou sont sur le point d’atteindre l’objectif concernant les attitudes discriminatoires à l’égard des personnes vivant avec le VIH. Il s’agit de l’Eswatini, du Rwanda et de l’Argentine.
La discrimination et la stigmatisation ont des conséquences lourdes sur la santé des personnes vivant avec le VIH poussés par ces comportements à l’abandon de leur traitement. Selon en effet le nouveau rapport de l’ONUSIDA, « un tiers des personnes interrogées (34 %) qui ont été victimes de stigmatisation et de discrimination lors de la recherche de soins liés au VIH ont également déclaré avoir interrompu ou arrêté leur traitement contre le VIH à un moment donné ». C’est pourquoi, en matière de stigmatisation et de discrimination, le rapport indique clairement qu’il « est essentiel de poursuivre les efforts dans la durée ».
Toutefois l’espoir est permis. La Directrice régionale de l’ONUSIDA, Mme Berthilde Gahongayire a annoncé lors du lancement mardi dernier à Dakar du rapport régional sur la mise à jour sur le Sida en Afrique de l’Ouest et du Centre qu’en termes de discrimination et de stigmatisation, des efforts sont en cours dans plusieurs pays pour mettre en œuvre des réformes juridiques et lutter contre la stigmatisation et la discrimination particulièrement à l’égard des populations clés.
C’est dire que ces efforts doivent être soutenus en Afrique de l’ouest et du centre qui totalise aujourd’hui 15% de toutes les nouvelles infections à VIH et 20% de tous les décès dû au sida soit 130 000 personnes. Ces efforts sont d’autant plus nécessaires que selon les conclusions du rapport 2023 de l’ONUSIDA, la région n’est pas sur la bonne voie pour d’atteindre les objectifs fixés pour 2025 en ce qui concerne les nouvelles infections ou les décès liés au sida.
Fatouma Idé

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