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Lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre: Diminution de 3% des ressources intérieures en 2023, selon le nouveau rapport de l’ONUSIDA

Lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre: Diminution de 3% des ressources intérieures en 2023, selon le nouveau rapport de l’ONUSIDA


La lutte contre le VIH/SIDA nécessite des ressources importantes particulièrement en Afrique de l’Ouest et du Centre où, les nouvelles infections augmentent. Cette région africaine compte en effet 13% de tous les PVVIH soit 5.18 millions et 15% de toutes les nouvelles infections à VIH. La Directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre s’est appesantie sur le volet financement de la lutte contre le VIH lors du lancement du nouveau rapport de l’ONUSIDA.
Mme berthilde Gahongayiré a noté « une augmentation de 10 % des ressources totales de lutte contre le VIH en 2023, principalement en raison de l’augmentation des ressources internationales ». Malheureusement, a-t-elle ajouté, les ressources intérieures ont diminué de 3 % en 2023. La diminution de 3% représente une baisse d’environ 10 % par rapport au pic de 2018.
La conséquence est que cette diminution des ressources allouées par les pays accroit selon le rapport leur dépendance vis-à-vis des donateurs.  
Compte tenu de cette situation souligne le rapport, plusieurs programmes nationaux de lutte contre le VIH dépendent fortement des fonds des donateurs. Or, relève la même source, les programmes de prévention du VIH et les programmes de renforcement de la société nécessitent une augmentation des dépenses intérieures. « Même si plus d’un tiers des nouvelles infections à VIH surviennent parmi les populations clés, leurs clients et d’autres partenaires sexuels, seulement environ 1 % des dépenses totales de lutte contre le VIH sont consacrées à des interventions de prévention pour les personnes issues de ces populations ». C’est pourquoi, il estime qu’il « est urgent de renouveler le plaidoyer en faveur d’une augmentation des investissements afin de promouvoir une riposte au VIH fondée sur les droits humains, en mettant l’accent sur l’intensification de la prévention, l’élimination des inégalités entre les sexes et l’arrêt de la stigmatisation et de la discrimination liées au VIH ». 
La Directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du centre a en outre expliqué que : le rapport a été intitulé l’urgence du moment : le sida à la croisée des chemins, « parce que nous pensons qu’une combinaison d’engagement politique fort, d’expertise technique et de mobilisation communautaire est nécessaire pour poursuivre les progrès vers la prévention de la transmission verticale du VIH ». 
Si nous intensifions la prévention, a indiqué Mme Berthilde Gahongayiré si nous travaillons à éliminer les inégalités entre les sexes et si nous mettons fin à la stigmatisation et de la discrimination liées au VIH, alors nous serons sur le bon chemin pour mettre fin au Sida d’ici 2030. 
Pour cela, l’ONUSIDA a proposé une nouvelle approche pour garantir la durabilité de la riposte au VIH. « Cette approche holistique couvre cinq domaines de durabilité, notamment le leadership et l’engagement politiques, les lois et politiques habilitantes, le financement durable et équitable, les services et solutions VIH fondés sur la science, efficaces et à fort impact, et les systèmes construits pour fournir des résultats » ; précise le nouveau de cette institution onusienne. 
Selon toujours la même source, la riposte au VIH est à la croisée des chemins : le succès ou l’échec sera déterminé par la voie empruntée par les dirigeants. Par rapport à ce volet très important, le rapport « montre que les décisions prises par les dirigeants cette année détermineront si le sida cessera d’être une menace pour la santé publique d’ici 2030 ». « Si l’on se trompe de voie, en limitant les ressources ou en restreignant les droits humains, la pandémie continuera à se développer, ce qui coûtera des millions de vies supplémentaires et portera atteinte à la sécurité sanitaire mondiale », précise-t-il.
Aussi, il est urgent d’intensifier les programmes de prévention du VIH et les facilitateurs sociétaux souligne le rapport pour qui, « contrairement au traitement du VIH, les besoins en ressources pour la prévention du VIH et les programmes de soutien à la société restent très importants et ne sont pas satisfaits dans presque toutes les régions ». Entre 1,8 et 2,4 milliards USD étaient disponibles pour les programmes de prévention primaire dans les pays à revenu faible et intermédiaire en 2023, contre 9,5 milliards de dollars qui seront nécessaires en 2025, précise le document de l’ONUSIDA. Il précise que « les dépenses totales consacrées aux facilitateurs sociétaux en 2023 ont été estimées entre 0,9 et 1,1 milliard d’USD, soit près de 2 milliards d’USD de moins que les 3 milliards d’USD estimés nécessaires en 2025 ».
Selon toujours le rapport, les programmes en direction des populations les plus à risque demeurent sous financées. « Les dépenses consacrées aux interventions en faveur des populations clés représentent encore une très faible proportion des dépenses totales consacrées au VIH en AOCN. En 2025, un cinquième de l’ensemble des ressources consacrées au VIH dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire devrait être affecté à la prévention pour les populations clés. En moyenne, seulement 2,6 % des dépenses totales en matière de VIH sont consacrées aux populations clés ».
En somme, selon le nouveau rapport de l’ONUSIDA, « les financements diminuent partout dans le monde et des ressources insuffisantes sont investies dans la prévention du VIH et dans les outils sociaux ». Ce qui selon la même « freine les progrès et conduit même à une recrudescence des épidémies dans certaines régions ».
Fatouma Idé

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