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Engagement des chefs traditionnels dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles: « Notre position nous permet d’influencer sur les comportements et de promouvoir des changements positifs », affirme Moussa Ndione, Djaraaf de Bargny

Engagement des chefs traditionnels dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles: « Notre position nous permet d’influencer sur les comportements et de promouvoir des changements positifs », affirme Moussa Ndione, Djaraaf de Bargny


Les chefs traditionnels et les leaders religieux s’impliquent de plus en plus dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles en Afrique de l’Ouest et du centre. Cet engagement salutaire suscite souvent des interrogations et des critiques formulées tout bas au sein des communautés. L’honorable Moussa Ndione, Djaraaf de Bargny, une commune située à une trentaine de km de Dakar dans le département de Rufisque, affirme lui, tout haut que « la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles n’est pas une rupture avec nos traditions ». C’était lors d’un panel auquel il a participé sur les violences faites aux femmes et aux filles. L’Honorable Moussa Ndione a d’abord expliqué que les chefs traditionnels ont des privilèges mais surtout des responsabilités envers notre communauté. Rien que pour cela, il pense que les chefs traditionnels ne peuvent pas rester en marge de cette lutte. Donnant l’exemple du Sénégal, il a expliqué que « les leaders traditionnels sont les gardiens des valeurs culturelles positives qui prônent le respect, la dignité et la protection de tous les membres de la communauté ». Notre position a-t-il ajouté, nous permet d’influencer sur les comportements et de promouvoir des changements positifs. Le Djaraaf de Bargny qui s’est illustré dans le changement des normes sociales a aussi insisté sur l’importance de mobiliser les gardiens de nos traditions pour mener cette lutte. Cela parce que « les chefs traditionnels enracinés dans leurs communautés sont des acteurs clés pour transformer les mentalités et les comportements » avant de préciser que « leur légitimité et leur influence leur permettent de porter un message fort dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
L’honorable Moussa Ndione a par ailleurs insisté sur la nécessaire collaboration entre les leaders traditionnels, les autorités, les Ongs et associations féminines afin de mettre en œuvre des actions concrètes. Pour lui, il ne suffit pas de dénoncer les violences faites aux femmes et aux filles, les leaders traditionnels doivent être proactifs dans leur prévention et leur élimination. Toutefois a-t-il précisé, cela demande de « prendre des positions courageuses parfois à contre-courant des pratiques établies mais toujours guidés par la recherche du bien-être de la communauté ». Mieux, selon l’honorable Moussa Ndione, « les leaders traditionnels ont la responsabilité d’être à l’avant-garde des évolutions positives ». Aussi, « en tant que leaders traditionnels, nous sommes le héritiers d’un patrimoine culturel millénaire qui place le respect et la dignité humaine au cœur de nos valeurs. Notre responsabilité aujourd’hui est de nous adapter aux exigences de notre temps tout en préservant ce qui fait notre identité » a-t-il affirmé.
Pour lui, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles « n’est pas une rupture avec nos traditions mais plutôt une continuation naturelle de notre rôle de protecteurs et de gardiens de l’harmonie sociale ».
Le Djaraaf de Bargny insiste sur le fait que « nos mères, nos sœurs et nos filles ont toujours été les piliers de nos communautés assurant la transmission de nos valeurs et contribuant activement à notre développement économique et social ». C’est pourquoi, il estime « qu’il est de notre devoir de créer un environnement où elles peuvent s’épanouir pleinement, libre de toute forme de violence et de discrimination ». Il a aussi appelé les autres chefs traditionnels à s’engager résolument du côté des femmes, à les soutenir dans leur autonomisation et à œuvrer pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles.
Cet engagement des chefs traditionnels et religieux est important et porte beaucoup d’espoirs dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles en Afrique.
Fatouma Idé

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