Forum Galien Afrique à Dakar : La rencontre de tous les acteurs de la santé sur la souveraineté nationale
Dans quelques jours, près de 2000 participants (500 en présentiel et 1500 en virtuel) prendront part à la 8ème édition du forum Galien à Dakar au Sénégal. Au nombre de ces participants, beaucoup de personnalités dont des ministres, des présidents d’associations de la société civile intéressés par la santé, des experts, des financiers au plan international, mais aussi au plan local, ainsi que des représentants de structures régionales comme l’OMS, l’OOAS. Tous ces acteurs vont se rencontrer pour réfléchir à la problématique de souveraineté nationale dans le domaine de la santé.
A la veille de cette importante rencontre, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement a organisé, jeudi dernier un webinaire sur la thématique de cette édition du forum Galien. Awa Marie Coll Seck, Présidente du Forum Galien Afrique et Dr. John Nkengasong, co-président du jury du prix Galien Afrique, les deux panélistes de cette rencontre virtuelle ont fourni aux journalistes toutes les informations sur le Forum et ses innovations.
Parlant de la particularité de cette importante manifestation, Awa Marie Coll Seck, Présidente du Forum Gallien Afrique, a indiqué que « cette année, les jeunes qui sortent de cette académie sont beaucoup plus équipés pour être des acteurs du changement. Nous avons également renforcé le dîner des doyens, pour que les universités mettent dans leurs programmes des sujets encore plus prioritaires pour l’Afrique. Il y aura aussi un dîner avec les ministres pour discuter des innovations en matière de vaccination. Une autre nouveauté est que nous avons prévu une exposition pour honorer les femmes qui ont contribué le plus au Forum Gallien. C’est une manière de les remercier et de mettre en lumière leur travail. Cette exposition sera inaugurée et les participants pourront la découvrir ».

Une autre innovation, selon la présidente du Forum Gallien Afrique, « c’est que chaque année, nous faisons une déclaration avec des recommandations adressées aux gouvernants, aux communautés de gouvernance, aux chercheurs, etc. Nous ne fonctionnons pas de manière rigide, nous restons très flexibles et nous innovons à chaque fois ».
Dans son intervention au cours de ce webinaire, Dr. John Nkengasong, co-président du jury du prix Galien Afrique, s’est beaucoup appesanti sur l’engagement des pays africains à financer le secteur de la santé. Selon lui, « dans l’histoire du développement humain, aucun pays n’a jamais développé un autre pays. Aucun pays n’a été empêché de se développer. Tout dépend d’une vision à long terme de ce qu’un pays veut accomplir ». Il a donné les exemples de la Corée du Sud et du Singapour. En 1955, a-t-il affirmé, la Corée du Sud venait tout juste de sortir de la guerre avec la Corée du Nord. Le PIB par habitant de la Corée du Sud à l’époque était de 64 dollars, tandis que celui du Nigéria était de 90 dollars. Aujourd’hui, le PIB par habitant de la Corée du Sud est de 37 000 dollars. Que s’est-il passé ? La Corée du Sud a pris des décisions stratégiques claires, s’est attaquée à ses propres problèmes tout en devenant un pôle d’innovation pour le monde.
Singapour, en 1980, était un simple village de pêcheurs a rappeléé Dr. John Nkengasong. « Aujourd’hui, c’est une ville-pays prospère, avec une économie moderne, un centre financier et une innovation technologique avancée. Comment ? En révisant son curriculum éducatif et en se concentrant sur l’innovation et l’entrepreneuriat. Ce qu’il faut retenir de ces exemples, c’est que personne n’a arrêté la Corée du Sud ou Singapour de se développer. Ils l’ont fait par eux-mêmes en réorientant leurs priorités ».
Ce qui fait dire au Dr. John Nkengasong que l’Afrique doit avoir une vision à long terme. « Les dirigeants africains doivent s’engager à investir dans la santé, dans l’innovation, dans la recherche. Si nous faisons cela, nous soulèverons toute l’économie, et ce n’est pas juste une déclaration politique, c’est un engagement sur le long terme. Le défi, c’est que cela nécessite un engagement constant. Je suis convaincu qu’en 25 ans, l’Afrique sera dans une position très différente » a-t-il affirmé.
Pour lui, cela signifie donc qu’il reste encore beaucoup de travail à faire. « Et beaucoup de leadership politique qui reconnaît que la santé est vraiment un investissement, et pas simplement une dépense. Et pour que cela se produise, bien sûr, nous devons adopter une approche globale, une approche globale de la gouvernance, des ressources limitées, une approche globale de la priorisation de la recherche et du développement, ce qui signifie que nous ne pouvons pas voir les résultats immédiats de la recherche et du développement en un ou deux ans. C’est un long parcours. D’accord, et c’est ainsi que les pays développés l’ont fait, et c’est ainsi que les pays développés ont atteint cet objectif en adoptant une vision à très long terme de 10 à 20 ans » a ajouté Dr. John Nkengasong.
Au cours de cette édition du Forum Galien, pour ce qui concerne les médicaments et autres innovations, la pharmacopée traditionnelle sera à l’honneur avec des experts du domaine qui vont sensibiliser et intéresser les gens à ce domaine. « Nous avons utilisé cela avant même les Européens et les Américains. Vous voyez, aujourd’hui, ils commencent à utiliser nos plantes et autres produits, donc il faut que nous sachions que nous avons une richesse que nous devons réellement valoriser » a affirmé Awa Marie Coll Seck, présidente du Forum Galien Afrique.
Fatouma Idé



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