Café-débat sur la lutte contre les Violences Basées sur le Genre : Promouvoir les Droits des Femmes et ceux des filles à travers des actions concrètes sur le terrain
Le projet « alliance transformatrice » a organisé le 29 novembre 2025, à Mayahi dans la région de Maradi, un café-débat sur la lutte contre les violences basées sur le genre. Le thème retenu pour ce café-débat est « la violence basée sur le genre constitue une des pires violations des droits humains fondamentaux, elle est handicapante et mortelle : arrêtons d’être des auteurs ». Ce café-bat a été parrainé par le chef de canton de Mayahi, l’honorable Gado Sabo en présence de ses collègues chefs de canton de Kornaka et de Bermo, des représentants des services techniques, ceux des associations des jeunes et des femmes ainsi que de plusieurs autres invités.

A l’entame de ce café-débat, l’animateur principal, en l’occurrence l’honorable chef de canton de Mayahi a d’abord clarifié le concept sur lequel allait porter ce partage d’expérience. Il s’agit principalement des violences basées sur le genre. Ainsi, elles désignent selon l’honorable Chef de canton de Mayahi, tout acte préjudiciable commis contre le gré de quelqu’un, en se fondant sur les différences établies par la société entre les hommes et les femmes, ces violences peuvent revêtir plusieurs formes : physique, sexuelle, psychologique (émotionnelle), verbale, socioéconomique ou culturelle. Au Niger, les Violences Basée sur le Genre (VBG) constituent un phénomène social majeur et persistant. Elles sont fréquentes aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Les femmes et les filles sont les plus exposées, les plus vulnérables. Selon une étude réalisée en 2021, a dit l’honorable Gado Sabo, la prévalence globale des VBG au cours de la vie est de 29,0%, soit respectivement 38,2% chez les femmes et 16,3% chez les hommes. Ces chiffres montrent clairement que la violence à l’égard de la femme connaît une recrudescence sans précèdent malgré qu’elle constitue une violation des droits humains, causant une dépendance, une privation et un préjudice à la femme.
Par ailleurs, le chef de canton de Mayahi a précisé que les violences basées sur le genre se fondent sur des normes et pratiques socioculturelles discriminatoires.
Elles prennent leur source dans les inégalités entre les femmes et les hommes.
Ces pratiques, partout dans le monde et notamment en Afrique de l’Ouest, impactent négativement et profondément la vie et la dignité des femmes et des filles. Elles ont toujours constitué un obstacle à l’exercice des droits fondamentaux ainsi qu’au développement social et économique des nos États.
Les violences basées sur le genre, a relevé l’honorable Gado Sabo, sont malheureusement exacerbées par la situation sécuritaire dans notre pays.
En outre, les attaques criminelles et les déplacements qu’elles engendrent ne sont pas sans conséquences sur les droits des femmes: surexposition des femmes déplacées aux violences sexuelles et autres abus dans les milieux d’accueil.
Au Niger : Le mariage des enfants qui est une forme de violence basée sur le genre reste une pratique courante. Selon l’honorable chef de Mayahi, les chiffres sont particulièrement glaçants : 76% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, et 28% avant l’âge de 15 ans. « Ces pratiques sont inacceptables et nous devons agir ensemble pour y mettre fin car il s’agit d’une violation des droits de l’enfant privant les filles de leur enfance, de leur éducation et de leur avenir. Notre pays a fait des efforts considérables dans le domaine de la lutte contre les Violence Basées sur le Genre et le mariage d’enfants, a souligné l’honorable chef de canton d Mayahi.
Pour répondre à cette problématique majeure, le Niger a élaboré une stratégie nationale de prévention et de réponses aux violences basées sur le genre et aux abus et exploitations sexuels (VBG/PSEA) et son plan opérationnel 2024-2028, un plan stratégique national pour mettre fin au mariage des enfants au Niger 2024-2028 avec des objectifs clairs et des actions concrètes pour protéger les droits des enfants, en particulier des jeunes filles.
En acceptant de parrainer ce café débat en faveur de la lutte contre les violences basées sur le genre, l’honorable chef de canton de Mayahi vient une fois de plus réaffirmer l’engagement des leaders coutumiers et de l’Etat à promouvoir et à protéger les droits des femmes et des jeunes filles où qu’elles soient : en milieu urbain ou en milieu rural. Il a par ailleurs rappelé que les plus hautes autorités de la République font de la réalisation des droits humains en général et des droits des femmes et des jeunes filles en particulier une de leurs priorités.
L’honorable chef de canton de Mahayi a en définitive salué l’ensemble des partenaires en l’occurrence LAFIA MATASSA, CONGAFEN, l’Association des Scouts du Niger réunies au sein du réseau alliance droits et santé pour œuvrer collectivement aux cotés de leaders coutumiers dans le cadre de la promotion des Droits des Femmes en général et ceux des filles en particulier.
Hassane Daouda



Laisser un commentaire