Rôle et contribution des médias dans la promotion de la santé au Niger : « Le journalisme de santé exige de la rigueur, prudence, éthique et le sens du contexte », selon M. Lamine Souleymane

Rôle et contribution des médias dans la promotion de la santé au Niger : c’est l’un des thèmes débattus à l’atelier de renforcement de capacité des journalistes organisé récemment à Niamey. Cette séance a été animée par M. Lamine Souleymane, conseiller à la primature et expert en management des médias. L’objectif est d’expliquer aux participants la responsabilité sociale des acteurs des médias traditionnels sur les questions liées à la santé en jouant ce rôle d’informateurs.

Dans sa présentation, M. Lamine Souleymane a indiqué que la promotion de la santé ne relève pas seulement des soignants, mais aussi dépend de la qualité de l’information diffusée à la société. « La santé est un enjeu individuel, collectif, social et démocratique », a-t-il souligné. Plusieurs raisons expliquent pourquoi les journalistes ont le devoir de jouer un rôle dans la promotion de la santé. Au nombre des raisons, il y a le droit du public. Pour M. Lamine, le citoyen a besoin d’une information sanitaire claire pour comprendre les risques, les services disponibles ainsi que ses droits en matière de santé. Parmi ces raisons figurent aussi l’influence sociale. En effet, les médias orientent l’attention publique, les débats et parfois les comportements dont la prévention, la vaccination, le dépistage, l’hygiène mais aussi le recours aux soins. On note également la veille démocratique. Selon M. Lamine, les journalistes peuvent enquêter sur les politiques sanitaires, les inégalités d’accès, la qualité des services, mais surtout la gestion des crises liées aux questions sanitaires.Les journalistes doivent contribuer à la promotion de la santé rappelle-t-il, afin d’informer, expliquer, convaincre sans manipuler, aider à décider, soutenir l’action préventive, sensibiliser, enquêter, donner la parole aux patients, aux soignants, chercheurs, les communautés locales et surtout aux groupes vulnérables ; les journalistes doivent aussi alerter en signalant les urgences sanitaires, les fausses, informations, les pratiques dangereuses ainsi que les ruptures de services. « Une couverture médiatique responsable peut réduire la désinformation, renforcer la prévention et rendre visibles les besoins des communautés », fait-il savoir en rappelant que la communication médiatique peut soutenir les campagnes de santé publiques quand elle reste fondée sur des faits, des sources solides et avant tout, sur un langage accessible au grand public. Dans cette dynamique, les journalistes sont tenus de donner la bonne information en se référant aux sources fiables, pluralistes, vérifiables et actualisées. Pour ce faire, explique M. Souleymane, les acteurs des médias doivent trouver la matière auprès des sources comme les institutions sanitaires (OMS, ministères, agences santé publique, hôpitaux etc.), des sources scientifiques ( revues à comité de lecture, méta-analyse, sociétés savantes et les bases de données) ; des professionnels de santé (médecins, infirmiers, psychologues, pharmaciens, chercheurs) ; le terrain et les communautés (patients, associations, acteurs communautaires, zones rurales, publiques vulnérables), ainsi que les données et documents dont les rapports, les indicateurs, les statistiques etc.« Le journalisme de santé exige de la rigueur, prudence, éthique et le sens du contexte », c’est pourquoi selon M. Lamine, pour assurer une contribution efficace dans la promotion de la santé, les journalistes doivent prendre des précautions pour assumer ce dernier. Parmi ces précautions figurent la vérification systématique des faits et des chiffres ; l’explication du niveau de preuve tout en évitant le sensationnel, la peur excessive et les titres trompeurs ; il est aussi important d’éviter de transformer un cas individuel en règle générale ; le respect de la dignité, de la confidentialité et le consentement des personnes concernées ; il est également nécessaire d’employer un langage simple, non stigmatisant et adapté au grand public etc. En somme, la santé est un sujet d’intérêt général. Le silence, l’approximation ou la désinformation peuvent avoir des effets concrets et indésirables sur les vies humaines. Les journalistes contribuent à la promotion de la santé lorsqu’ils informent avec clarté, contextualisent les risques, traduisent la science et rendent visible les besoins des populations. C’est pourquoi selon M. Souleymane, cette mission suppose non seulement des sources solides, une éthique stricte, une vérification rigoureuse, mais aussi une écriture accessible au grand public afin d’assurer la compréhension de l’information.

Moumouni Amadou Yacouba

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