Nouvelle géopolitique sanitaire et mondiale : Quels enjeux pour l’Afrique ?

Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement) REMAPSEN a organisé, le 4 juin 2026, un webinaire sur le thème « Nouvelle géopolitique sanitaire et mondiale, quels enjeux pour l’Afrique ». Mme Stéphanie TCHIOMBIANO, Maitresse de Conférence Associée au Département de Science Politique de l’Université Paris 1-Panthéron Sorbonne et Mme Ida Rose Ndione Directrice Régionale des Programmes d’Amref Health Africa pour l’Afrique de l’Ouest étaient les invitées de ce webinaire auquel ont participé plusieurs journalistes membres du Remapsen.

Intervenant dans le cadre de ce webinaire, Mme Stéphanie TCHIOMBIANO qui est une spécialiste de la santé mondiale, D’abord un premier moment avec un focus particulier sur Donald Trump et sur les décisions américaines récentes en matière de santé mondiale et ensuite de revenir sur quelques-uns des enjeux qui me semblent quand même particulièrement importants aujourd’hui pour les États africains de manière globale, des enjeux de représentation sur la scène internationale, des enjeux d’accès aux produits de santé en particulier, financement et in fine, ce qui résume finalement un peu l’ensemble, des enjeux de souveraineté. Auparavant, elle a rappelé des besoins en matière de santé qui sont croissants au niveau global avec une population qui va plus que doubler d’ici 2100. Cette population va représenter à peu près 37% de la population mondiale contre 18% à peu près aujourd’hui. « Donc on va avoir vraiment des enjeux sanitaires qui sont extrêmement importants, des besoins aussi accrus pour les politiques d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques, sans compter tous les enjeux humanitaires aussi potentiels en matière de santé au niveau global. D’après Mme Tchombiano, « On a un contexte international de reconfiguration des rapports de pouvoir aujourd’hui et de fragilisation du multilatéralisme, avec notamment une remise en question en ce moment de l’architecture mondiale de la santé, qui jusqu’alors est très organisée autour de l’Organisation mondiale de la santé, qui est vraiment l’organisation phare en la matière, avec un certain nombre d’organisations, des agences des Nations Unies ou des partenariats publics privés, comme par exemple le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose, Gavi, l’alliance du vaccin ou United, qui sont trois instruments de financement extrêmement importants au niveau global ». Elle a aussi expliqué des enjeux particulièrement importants aujourd’hui pour les Etats africains de manière globale tel que : des enjeux de représentation sur la scène internationale, des enjeux d’accès aux produits de santé en particulier, des enjeux de financement des dépenses de santé et des enjeux de souveraineté. En somme, Mme Tchombiano s’est beaucoup attardée sur la décision des EU de quitter l’Organisation Mondiale de la Santé. Selon elle, cela a bouleversé le multilatérisme dans le domaine de la santé et a entrainé une réduction du soutien budgétaire des EU aux niveaux de l’OMS et du Fonds mondial GAVI. Mieux, cette décision a eu aussi un effet indirect. « C’est que l’Argentine, assez rapidement, a décidé, elle aussi, de quitter l’Organisation mondiale de la santé. D’autres pays, d’ailleurs, ont évoqué la possibilité de le faire à nouveau », a affirmé Mme Tchombiano. Elle a ensuite expliqué que « quelques mois plus tard, en septembre 2025, les États-Unis ont publié une nouvelle stratégie américaine en matière de santé mondiale qui s’appelle la stratégie « America First ». Cette stratégie a été selon elle très importante, « parce que, juste après le départ de l’OMS et dans la liste de toutes les décisions qui ont été prises par le gouvernement américain, il y avait notamment le gel de plus de 90 % des financements de l’USAID et la décision de suspendre un grand nombre de financements bilatéraux américains sur la scène internationale ».Quant à Ida Rose Ndione Directrice Régionale des Programmes d’Amref Health Africa pour l’Afrique de l’Ouest, elle s’est beaucoup appesanti sur la prise en charge sanitaire par les ménages en Afrique. Selon elle, cette prise en charge sanitaire est assurée à plus de 50% par les ménages africains pendant que les pouvoirs publics interviennent autour de 21% et les partenaires pour près de 24%. Mme Ida Rose Ndione a par ailleurs évoqué des initiatives endogènes dans certains pays, tout en reconnaissant que la couverture sanitaire universelle envisagée par certains pays africains est une solution idoine.

Indatou Harouna

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