Webinaire sur les 13 ans d’existence de l’Alliance Droits et Santé : Acquis, défis et perspectives du projet
Le Remapsen en collaboration avec l’Alliance Droits et Santé a organisé le mercredi 10 décembre dernier, un webinaire sur le thème « 13 ans d’existence de l’Alliance Droits et Santé : Acquis, défis et perspectives ». Ce webinaire a été animé par les points focaux du Niger, du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal du projet Alliance Droit et Santé en présence de plusieurs journalistes de ces pays.
Au cours de ce webinaire, chaque point focal a fait le point des acquis du projet dans son pays, des défis des perspectives pour un bon accompagnement des populations. C’était une occasion pour M. Lawali Amadou, point focal du projet Alliance Droit et Santé au Niger pour rappeler les deux axes d’intervention du projet le pays. Il s’agit notamment des violences basées sur le mariage d’enfants et forcées et des droits et santé sexuels et reproductifs des femmes et des filles handicapées. M. Lawali Amadou a ensuite relevé que les activités du projet sont intervenues dans un contexte où les violences basées au Niger étaient très fréquentes, que ce soit en milieu urbain, que ce soit en milieu rural, et les femmes et les filles sont les plus vulnérables face à ce phénomène-là. « Nous avons une prévalence nationale des violences basées sur le genre qui tourne autour de 29 %, et le taux de prévalence au sein de la catégorie féminine est de 38,2 %, et au niveau des hommes, ce taux tourne autour de 16,3 %», a-t-il expliqué.Selon le point focal de l’Alliance Droit et Santé, au Niger, près de 2 femmes sur 3, soit 63,6 % des femmes étaient déjà en union avant l’âge de 18 ans. Face à cette situation, le gouvernement du Niger a pris des engagements pour lutter efficacement contre les violences basées sur le genre, y compris le mariage d’enfants, et à travers l’élaboration et la mise en œuvre de deux stratégies, dont une stratégie nationale de prévention et de réponse aux violences basées sur le genre.
Quelques activités menées par le projet
D’après M. Lawali Amadou, au Niger, le projet Alliance Droit et Santé a, dans le cadre de sa stratégie nationale de mettre fin au mariage des enfants de 2024 et 2028, mené plusieurs activités notamment la sensibilisation des communautés aux enjeux liés aux violences basées sur le genre et au mariage d’enfants, le renforcement des capacités des acteurs locaux, notamment les associations des jeunes, les associations des femmes, les religieux, les coutumiers et les autorités locales. Il y a eu également la mobilisation des communes et l’amélioration de l’accès des femmes handicapées au service de santé de la reproduction à travers un plaidoyer qui a permis la construction des rampes d’accès au niveau des services. « À travers ce projet, nous avons pu, faire le plaidoyer auprès des autorités et des décideurs au niveau local pour pouvoir obtenir des réalisations et des rampes d’accès dans certains centres de santé et autres formations sanitaires. Nous avons fait aussi à travers ce projet la promotion des droits à l’éducation des jeunes », a-t-il précisé.
Des résultats encourageants du projet Au niveau communautaire, a ajouté M. Lawali Amadou, le projet a obtenu des résultats très encourageants, dans les différentes zones d’intervention. Jusqu’à 17 villages modèles sont devenus des villages modèles dans la lutte contre les VBG et les mariages d’enfants. « C’est-à-dire que dans ces villages-là, ces pratiques ne sont plus théoriques, il y a eu une prise de conscience collective. Des chiffres de 2023 à 2025 montrent en effet que plus de 140 cas de mariages d’enfants ont été retardés ou annulés par les chefs religieux, les leaders coutumiers ou les membres des comités locaux. Cela parce que nous avons travaillé aussi avec des comités locaux de protection des enfants dans les localités concernées », a-t-il affirmé dans son intervention lors du webinaire.Aussi, il a ajouté que, grâce aux activités de sensibilisation, le projet a pu toucher environ plus de 8 000 jeunes, dont des filles, des garçons, et dont une centaine de ces filles ou bien de ces garçons ont accepté d’intégrer le comité de protection de l’enfant. « Et à ce titre, ils participent dans le signalement ou la dénonciation des cas de projets ou bien des cas de mariages d’enfants », a indiqué le point focal de l’Alliance Droit et Santé au Niger.
Yacine Hassane

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