Déchets plastiques : quand la pluie devient un facteur de catastrophe urbaine

Au Niger comme partout ailleurs en Afrique, les déchets plastiques abandonnés dans les rues ne disparaissent pas avec le temps. Bien au contraire, ils s’accumulent dans les caniveaux, perturbent l’écoulement des eaux pluviales et contribuent à l’aggravation des inondations dans les villes. Au-delà des conséquences immédiates, cette pollution laisse également des traces durables dans l’environnement.

Bouteilles, sachets et emballages plastiques font partie du paysage de nombreuses villes africaines. Jetés dans la rue après usage, ces déchets sont souvent entraînés par le vent ou les eaux de ruissellement vers les caniveaux et les systèmes de drainage. Lors des fortes pluies, ils forment des bouchons qui empêchent l’évacuation normale des eaux.Cette obstruction favorise notamment les inondations dans les quartiers, provoquant des dégâts matériels, la dégradation des infrastructures et la stagnation des eaux. Ces eaux stagnantes constituent par ailleurs un environnement propice à la prolifération de certains vecteurs de maladies telles que le paludisme et autres maladies, représentant ainsi un risque supplémentaire pour la santé publique.

Une pollution qui dure des siècles

Au-delà de leur impact visible sur les inondations, les déchets plastiques représentent une menace environnementale à long terme. Selon M. Christophe APAIDI, spécialiste environnemental Camerounais résidant dans la ville de Maroua et avec qui nous avons échangé via WhatsApp, « les déchets plastiques peuvent persister jusqu’à 450 ans dans les sols avant de se dégrader progressivement en micro plastiques ».Plus précisément a-t-il expliqué, « les déchets plastiques peuvent persister près de 450 ans dans les sols avant de se fragmenter progressivement en microplastiques. Cette dégradation lente constitue une source durable de pollution ».Contrairement aux déchets biodégradables, le plastique ne disparaît pas réellement. Il se fragmente en particules de plus en plus petites qui s’accumulent dans l’environnement pendant de très longues périodes.

Des conséquences sur les sols et l’agriculture

La présence de microplastiques dans les sols n’est pas sans conséquence. Selon le spécialiste en environnement, ces particules modifient la structure naturelle des terres en limitant la circulation de l’eau et de l’air. En effet, elles affectent également des organismes essentiels comme les vers de terre et les micro-organismes qui participent à la fertilité des sols.« À long terme, cette pollution peut contribuer à la dégradation des terres agricoles et fragiliser la production alimentaire », précise M. Christophe. Une situation qui demeure préoccupante dans un contexte où la préservation des ressources naturelles et la sécurité alimentaire constituent déjà des défis majeurs.Face à cette situation, les spécialistes appellent à une prise de conscience collective. Notamment la réduction de l’utilisation des plastiques à usage unique, déposer les déchets dans les lieux appropriés et sensibiliser son entourage figurent parmi les gestes les plus efficaces pour limiter cette pollution.

Moumouni Amadou Yacouba

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