Niger : La renaissance des mares de Tahoua et Zinder, un souffle d’espoir pour le monde rural

Face aux défis climatiques croissants, le Niger déploie des solutions concrètes pour sécuriser son agriculture et fait renaitre son environnement. Sous l’impulsion du Programme de résilience du système alimentaire (PRSA/FSRP), financé par la Banque mondiale, la réhabilitation de huit mares stratégiques dans les régions de Tahoua et Zinder marque un tournant majeur pour la résilience des populations locales. Cette initiative consiste à transformer les eaux de pluie en richesse durable. En effet, longtemps menacées par l’ensablement et l’évaporation précoce, ces mares retrouvent aujourd’hui leur rôle vital grâce à la construction d’ouvrages de mobilisation des eaux de ruissellement. Le programme permet de retenir des volumes d’eau importants bien après la fin de la saison des pluies. À Tahoua et Zinder, ces points d’eau ne sont plus de simples étendues saisonnières, mais de véritables moteurs de développement. Cela permet d’avoir un triple impact, notamment sur le plan du maraîchage, élevage et commerce. L’impact sur le terrain est immédiat et multidimensionnel. En effet, les producteurs peuvent désormais cultiver des produits agricoles sur plusieurs cycles. Cette disponibilité d’eau sécurise les récoltes et garantit une alimentation diversifiée.

Un modèle de résilience climatique

Au-delà de l’aspect technique, cette initiative illustre également une stratégie d’adaptation face au changement climatique. En investissant notamment dans la gestion durable des eaux de surface, le Niger renforce sa souveraineté alimentaire et lutte contre la mauvaise gestion des terres. Ce projet, intégré dans une vision régionale plus large, démontre que la maîtrise de l’eau reste le levier le plus puissant pour transformer le Sahel en terre de production.

Vers un développement social et économique

« Avant ce projet, nous puisions de l’eau au niveau des puits qui, malheureusement se tarissent vite. Mais avec la réhabilitation des différentes marres, c’est facile pour nous de nous approvisionner en eau », a rassuré M. Djibo Zakari, chef du village de Handerma, région de Zinder. Pour M. Adamou Moussa, chef du village de Dessa Roumji, région de Tahoua, la réhabilitation de ces marres a permis aux bénéficiaires d’éviter de parcours des longues distances à la recherche de l’eau Pour les éleveurs, ces mares constituent des points d’abreuvement cruciaux, réduisant les conflits liés à l’accès aux ressources et limitant les déplacements forcés du bétail en période de soudure. Le surplus de production alimente les marchés locaux, stabilisant les prix et boostant l’économie rurale.Aujourd’hui, alors que les travaux de ces huit mares portent leurs fruits à travers ce projet de 5 ans dont la fin prévue pour décembre 2026, c’est tout un écosystème rural qui respire, prouvant que la résilience n’est pas qu’un concept, mais une réalité qui se construit avec le temps.

Moumouni Amadou Yacouba

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