L’élimination des MTN en Afrique
« Un pilier de la souveraineté sanitaire et du développement durable’’ selon Pr Awa Marie Coll Seck, présidente de Galien Africa
Avec plus de 600 millions d’Africains touchés par les MTN, ces maladies constituent aujourd’hui une préoccupation importante. Selon la présidente de Galien Africa, qui a prononcé une importante allocution, mardi dernier lors du forum des médias organisé par le Remapsen, « ces maladies aveuglent, défigurent, rendent invalides, et stigmatisent des millions de personnes souvent les plus pauvres et les plus isolées ». C’est pourquoi, elle estime que c’est « un impératif africain d’intégrer la lutte contre les MTN au cœur de la souveraineté sanitaire et du développement durable »

Nelson Mandela affirme Pr Awa Marie Coll Seck nous rappelait qu’« il n’y a aucune passion à vivre petit ». C’est pourquoi, elle pense qu’accepter la persistance des MTN, c’est accepter que l’Afrique vive en dessous de son potentiel. « Et cela, nous ne pouvons pas l’accepter » a-t-elle martelé avant de préciser que les MTN ne sont pas seulement un problème médical, ce sont des enjeux de développement, de justice, et de souveraineté.
Pr Awa Marie Coll Seck s’est ensuite largement appesantie sur les conséquences des MTN qui « frappent les communautés les plus pauvres, les plus éloignées, et les plus marginalisées ; réduisent la productivité, compromettent l’éducation des enfants, et enferment des familles entières dans la pauvreté ». Pire, ces maladies « révèlent aussi des faiblesses systémiques : accès insuffisant à l’eau et l’assainissement, chaînes d’approvisionnement fragiles, surveillance limitée, et faible investissement dans les soins de santé primaires », précise-t-elle.
De l’onchocercose qui entrainent des démangeaisons insupportables et la cécité des rivières, à la schistosomiase, surtout chez les enfants, provoquant hématurie et lésions chroniques en passant par la filariose lymphatique, entraînant des handicaps sévères et une forte stigmatisation et la dracunculose qui provoque des douleurs extrêmes et des flambées communautaires, sur notre continent, des millions de personnes souffrent encore des MTN. « Des maladies que nous savons prévenir, diagnostiquer et traiter » affirme Pr. Awa Marie Coll Seck.
Dans son intervention au lancement du forum des médias mardi dernier, la présidente du forum Galien a encore touché du doigt une autre situation qui mérite des égards : les MTN ont un impact inégal selon le genre. D’après elle, « les femmes et les filles sont plus exposées lorsqu’elles vont chercher de l’eau, prennent soin des malades, ou accomplissent des tâches domestiques dans des environnements contaminés ».
L’élimination des MTN est donc aussi un agenda d’équité de genre, et un levier majeur d’autonomisation des femmes et des filles en Afrique a-t-elle expliqué.
Pr Marie Coll Seck est ensuite largement revenue sur les avantages de l’élimination des MTN. Cela renforcera : la préparation, la prévention et la réponse, la confiance des communautés, l’innovation locale, les capacités des chaînes d’approvisionnement. Et s’inscrit pleinement dans l’Agenda de Lusaka, la Feuille de route MTN de l’OMS 2021–2030, le portail de micro-planification du CDC Afrique, et l’Agenda africain de Santé, Sécurité et Souveraineté (AHSS) a-t-elle indiqué.
Et parce que les MTN sont au cœur de notre souveraineté, la présidente de Galien Africa pense que pour accélérer, l’Afrique doit : intégrer les MTN dans les agendas nationaux prioritaires, investir dans le WASH, les données, et la santé communautaire, renforcer la production locale des médicaments essentiels, consolider la surveillance transfrontalière, mobiliser le pouvoir des médias pour maintenir l’engagement politique
Indatou Harouna

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